Côté prix, la baisse est limitée au sein des réseaux d’agences Laforêt et Century 21 puisqu’elle est globalement inférieure à 3%.

L’optimisme affiché par les professionnels de l’immobilier n’est pas du tout partagé par les particuliers qui cherchent à vendre leur bien ou en acheter un. Mais qui dit vrai ?

Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes… Ou presque. A l’occasion de leurs conférences de presse de rentrée, les réseaux d’agences Century21 et Laforêt, se sont en effet montrés plutôt satisfaits de leur bilan 2014. Ils n’ont en tout cas pas constaté le blocage du marché tant annoncé. Chez Century 21, les transactions ont reculé d’à peine 2,7%. Et elles se sont même maintenues chez son concurrent. Et si les deux réseaux constatent un petit allongement des délais de vente, les professionnels l’incombent en grande partie à la loi ALUR et à ses nombreuses obligations en matière de documents à fournir à l’occasion de la signature du compromis de vente.
Le grand écart des prix

Côté prix, la baisse est également limitée au sein de ces deux réseaux d’agences puisqu’elle est globalement inférieure à 3%. Mais évidemment, les professionnels précisent rapidement que cette faible baisse cache des disparités importantes : des petites surfaces dans les métropoles qui se vendent toujours à prix d’or. Et des grandes maisons ou des biens éloignés du centre qui ne trouvent pas preneur, malgré des baisses de prix très importantes. Antoine Mesnard, agent immobilier Laforêt à Colombes, illustre ainsi ce propos : « alors qu’un 5 pièces situé dans un quartier populaire de la ville ne se vendra pas plus de 2000 euros du mètre carré, et encore, s’il se vend, certaines maisons situées dans des quartiers très recherchés peuvent atteindre 6000 euros du mètre carré. »

Ainsi, on comprend pourquoi les professionnels, du moins ceux ayant la chance d’avoir des portefeuilles de biens variés, ne souffrent pas trop. Les biens très recherchés compensant les autres, plus difficiles à vendre.
Une réalité à l’opposé pour les particuliers

Mais pour les particuliers, la réalité du marché est toute autre. Ainsi, Catherine, l’une de nos lectrices, nous confiait récemment avoir eu seulement quatre visites plus de six mois après la mise en vente de sa maison et une baisse de prix de 20%.

De même, Quentin n’a eu aucune proposition durant des mois pour son appartement situé à Massy. A l’inverse, les acheteurs, malgré la baisse des taux et des prix sans cesse mise en avant, trouvent toujours aussi difficilement chaussure à leur pied. Ainsi David, nous confiait récemment rester locataire, car « en tant que père de 3 enfants, séparé, il ne trouvait pas de banque prête à le financer.

Clotilde, 28 ans, célibataire et gagnant bien sa vie a elle aussi renoncé à acheter : « mon apport initial est insuffisant pour contracter un emprunt sur 15 ans et non 30 ans, regrette-t-elle. Or c’est angoissant d’emprunter sur une durée aussi longue alors qu’on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve. »

Et justement, l’avenir, quel sera-t-il sur le front de l’immobilier ? Là encore les deux réseaux se montrent très optimistes, tablant sur une poursuite de l’effritement des prix, mais des ventes stables. A moins d’une remontée des taux. Dans ce cas, le marché pourrait véritablement dévisser. Reste que, encore une fois, du côté de nos lecteurs, la confiance n’est pas revenue. Suite à un appel à témoins sur les placements privilégiés en 2015, l’immobilier est rarement cité. Si ce n’est pour dire qu’il est risqué, trop taxé… Bref, à éviter !