Valeur verte et marché du luxe : que révèle l'étude ?
Une étude récente avance que la prise en compte des performances énergétiques et de la valeur verte du logement commence à peser davantage dans les transactions du segment haut de gamme. Cette hypothèse suscite cependant des réactions contrastées chez les professionnels.
Le réseau d’agences Barnes indique que, en grande couronne, un logement classé A ou B aurait 95 % de chances de se vendre 1 % à 7 % plus cher qu’un bien affichant une étiquette D, toutes choses égales par ailleurs. Pour une résidence parisienne notée entre F et G, Barnes évoque une possible décote comprise entre 1 % et 3 %. Le réseau précise par ailleurs que chaque lettre du DPE influence en moyenne le prix à hauteur de 5 % pour les maisons en province, et d’à peine 3 % pour les appartements ainsi que pour les biens situés en Ile-de-France.
Charles-Marie Jottras, président du groupe Daniel Féau, relativise ces observations : pour des appartements parisiens dont les prix oscillent entre 800 000 € et 2 millions d'euros, ces questions sont bien abordées. Il rappelle que les familles disposent d’informations liées aux nouvelles règles des transactions immobilières, mais il émet de sérieux doutes sur le fait que cela modifie les prix ou joue un rôle déterminant lors des négociations.
Un parc généralement très affecté
Les propriétés dont le prix dépasse 3 millions d’euros ne donnent généralement pas lieu à ce type de débat. Nathalie Garcin, directrice générale du groupe Emile Garcin, affirme que, dans le haut de gamme, cette donnée n’entre pas, à sa connaissance, en ligne de compte pour revoir un prix.
Pour autant, l’efficacité énergétique de ces biens reste une question pertinente. Alexander Kraft, PDG de Sotheby’s international Realty France, indique que dans 99,9 % des cas il s’agit de demeures historiques ; sauf pour celles qui ont subi d’importants travaux de rénovation ayant amélioré leurs performances, la quasi-totalité de ces résidences reste énergivore.
Ludovic Clerima Propriétés de France